Moteurs Nissan : lesquels éviter avant d'acheter d'occasion ?
Nissan propose une gamme de motorisations très hétérogène en termes de fiabilité, et certains blocs ont accumulé au fil des années une réputation particulièrement mauvaise auprès des propriétaires et des garages spécialisés. Avant d'acheter un Juke, un Qashqai ou un Pulsar d'occasion, mieux vaut se pencher sérieusement sur la fiabilité du 1.6 DIG-T 190 et des autres motorisations sensibles de la marque, un sujet largement documenté sur les forums et par les retours d'ateliers.
Le 1.6 DIG-T 190, star déchue du Juke première génération
Lancé en 2010 sur le Juke F15, ce moteur essence turbocompressé de 190 chevaux (code MR16DDT) était à l'époque le plus performant de la gamme. Le problème qui lui colle à la peau depuis ses débuts : une consommation d'huile anormalement élevée, surtout sur les exemplaires produits entre 2010 et 2013. En usage urbain ou en conduite soutenue, l'huile s'évapore progressivement, le niveau chute sans que le conducteur en soit toujours alerté, et le turbocompresseur finit par surchauffer. Résultat : fumée bleutée à l'échappement, bruits de turbo anormaux, et dans les cas les plus graves, des dégâts sur les injecteurs, les bielles ou le bas-moteur. Associé à la boîte CVT, ce moteur affiche une combinaison particulièrement fragile, avec des remplacements de transmission dont la facture dépasse fréquemment les 4 000 €.
Le 1.2 DIG-T, un défaut de conception sans rappel constructeur
Ce petit bloc essence, présent sur une large partie de la gamme Nissan (Juke, Qashqai, Pulsar), souffre d'un défaut de segmentation chronique. Concrètement, le moteur consomme de l'huile de façon excessive, ce qui finit par détendre la chaîne de distribution, voire provoquer une auto-combustion. Le point le plus problématique : Nissan n'a jamais procédé à un rappel global sur ce moteur, laissant de nombreux propriétaires face à des casses complètes dès 60 000 km, parfois sur des véhicules achetés d'occasion avec un kilométrage encore modéré.
Les diesels ne sont pas épargnés
Le 1.5 dCi 105/110 ch d'avant 2012 utilise une injection Delphi connue pour libérer de la limaille métallique dans le circuit de carburant, un défaut qui peut endommager l'ensemble du système d'injection. Le 1.6 dCi 130 ch, de son côté, cumule fragilité du turbo et usure prématurée de la chaîne de distribution, avec des cas de casse moteur signalés après seulement quelques dizaines de milliers de kilomètres.
Le 1.5 VC-Turbo, l'alerte la plus récente
Plus récent, ce moteur à taux de compression variable a fait l'objet d'un rappel massif lié à un problème sur les paliers de vilebrequin. Le remplacement complet peut dépasser 7 000 €, ce qui en fait l'un des dossiers de fiabilité les plus surveillés du moment sur les modèles Nissan récents.
Quelles motorisations privilégier ?
Du côté des valeurs plus sûres, le 1.3 DIG-T (à partir de 2018), le 2.0 dCi M9R et le 1.5 dCi produit après 2015 affichent un profil de fiabilité nettement plus rassurant. Sur un Juke de seconde génération, il reste toutefois recommandé de surveiller la pompe haute pression du 1.0 DIG-T et la gestion électronique des versions hybrides.
Les bons réflexes avant l'achat
Avant de signer, il est essentiel de vérifier le code moteur exact sous le capot (les appellations commerciales ne suffisent pas toujours à identifier la version), de contrôler le carnet d'entretien pour s'assurer qu'aucune anomalie de consommation d'huile n'a été signalée, et de faire réaliser un diagnostic complet en atelier avant toute transaction. Sur ces motorisations sensibles, une facture de réparation peut rapidement dépasser la valeur vénale du véhicule.